Ce qu'il faut comprendre rapidement
- Le CQP EAE permet d’enseigner l’équitation sans le bac, pour des cavaliers expérimentés.
- Le DEJEPS équitation correspond à un niveau bac +2 et vise des professionnels confirmés.
- Le choix du diplôme détermine le temps investi et le niveau d’autonomie dans l’encadrement.
La bombe de cavalerie posée sur le buffet en chêne du salon, entre un trophée poussiéreux et une vieille photo en noir et blanc, raconte une histoire muette. Celle d’un cavalier passionné, peut-être même ancien compétiteur, dont le rêve aujourd’hui n’est plus le podium, mais le partage. Pourtant, entre aimer l’équitation et en vivre, il y a un saut de taille: celui de la reconnaissance officielle. Car enseigner, ce n’est plus seulement montrer l’exemple en selle - c’est garantir la sécurité, maîtriser la pédagogie, assurer un suivi technique et légal. Et pour cela, un diplôme d’État n’est pas une option: c’est une obligation.
Les diplômes de base pour débuter l'enseignement
Le CQP EAE: la première marche professionnelle
Le Certificat de Qualification Professionnelle Enseignant Animateur d'Équitation, ou CQP EAE, est souvent la première porte d’entrée dans l’enseignement équestre. Accessible sans le baccalauréat, il s’adresse à des cavaliers motivés, déjà à l’aise en selle et expérimentés dans l’encadrement, même de manière informelle. La formation dure en général entre 600 et 800 heures, souvent en alternance dans un centre équestre agréé - un vrai plus pour acquérir de l’expérience terrain.
Il permet d’encadrer des cavaliers jusqu’au Galop 6 en autonomie, notamment dans les activités d’animation comme les stages ou l’accompagnement en promenade. Ce n’est pas un diplôme d’État à proprement parler, mais il est reconnu par la Fédération Française d’Équitation et ouvre la voie à une première rémunération encadrée.
L'importance du BPJEPS éducateur sportif
Le Brevet Professionnel de la Jeunesse, de l’Éducation Populaire et du Sport, mention « activités équestres », est aujourd’hui le véritable sésame pour devenir moniteur diplômé. C’est un diplôme d’État de niveau IV, reconnu comme titre professionnel par le Ministère des Sports. Son accès exige un bon niveau technique, généralement évalué autour du Galop 7, ainsi qu’une maîtrise des fondamentaux pédagogiques.
À l’issue de la formation, qui dure entre 12 et 24 mois selon les parcours, les candidats obtiennent la carte professionnelle obligatoire pour exercer contre rémunération. Ce diplôme atteste de compétences solides dans plusieurs domaines clés:
- La sécurité des pratiquants, en particulier des cavaliers débutants ou jeunes
- La mise en œuvre de progressions pédagogiques adaptées au niveau et à l’âge des élèves
- La gestion des chevaux au quotidien, y compris les soins de base et l’entretien du matériel
- L’organisation et l’animation des séances, qu’elles soient individuelles ou collectives
- L’encadrement en autonomie jusqu’au Galop 8, dans des structures comme des clubs ou des centres équestres
Vers une expertise renforcée: DEJEPS et spécialisations
Le coaching et la formation avec le DEJEPS
Une fois le BPJEPS en poche, certains choisissent d’aller plus loin. Le DEJEPS - Diplôme d’État de la Jeunesse, de l’Éducation Populaire et du Sport, spécialité équitation - est l’étape suivante. Il correspond à un niveau III, équivalent bac +2, et s’adresse à des professionnels déjà expérimentés.
Ce diplôme permet d’assumer des responsabilités d’entraîneur, notamment en compétition. Il ouvre la possibilité de préparer des cavaliers à des niveaux élevés (Galop 9 et 10), dans des disciplines comme le saut d’obstacles, le dressage ou le complet. L'entrée en formation exige souvent une sélection exigeante, basée sur des tests techniques et un projet professionnel solide.
À ce stade, le rôle évolue: on passe de l’enseignement global à l’accompagnement de haut niveau. Le DEJEPS valorise aussi une capacité à encadrer d’autres professionnels, à gérer des équipes ou à animer des stages complexes. Côté pratique, le cursus est souvent conçu pour être compatible avec une activité professionnelle, grâce à des formations continues ou par alternance.
Comparatif des parcours de formation équestre
Critères de durée et de niveau d'accès
Choisir son diplôme, c’est déjà choisir sa voie professionnelle. Le temps investi, les prérequis techniques et les niveaux d’autonomie varient fortement selon les diplômes. Certains souhaitent s’insérer vite dans le milieu, d’autres visent une carrière longue dans l’encadrement de haut niveau.
Débouchés professionnels par diplôme
Le choix du diplôme détermine aussi l’étendue des responsabilités. Un titulaire du CQP EAE pourra animer, mais pas diriger un centre. Un diplômé du DESJEPS, lui, pourra former d’autres enseignants. Il convient donc de s’interroger sur ses ambitions réelles.
Financements et accompagnement
La bonne nouvelle, c’est que ces formations peuvent être financées par divers dispositifs: contrat d’apprentissage, CPF, ou encore fonds régionaux. Les centres de formation proposant un suivi personnalisé et des taux de réussite élevés sont souvent plébiscités. La clé, c’est de trouver un équilibre entre immersion terrain et appui théorique.
| Nom du diplôme | Niveau d'accès requis | Durée moyenne constatée | Prérogatives d'enseignement |
|---|---|---|---|
| CQP EAE | Galop 5-6, expérience préalable conseillée | 6 à 12 mois (en alternance) | Animation encadrée jusqu'au Galop 6 |
| BPJEPS équitation | Galop 7, tests techniques, niveau bac conseillé | 12 à 24 mois | Encadrement autonome jusqu'au Galop 8, exercice rémunéré |
| DEJEPS équitation | BPJEPS + expérience, sélection technique | 12 à 18 mois | Entraînement en compétition, spécialisation |
| DESJEPS équitation | DEJEPS + projet professionnel avancé | 12 à 24 mois | Direction technique, formation d'enseignants |
Les questions de base
J'ai passé mon monitorat il y a vingt ans, mon diplôme est-il toujours valable?
Absolument. Les anciens Brevets d’État comme le BEES ou le BEES1 sont toujours reconnus. Ils sont équivalents aux diplômes actuels. Cependant, pour exercer contre rémunération, il est nécessaire de disposer d’une carte professionnelle obligatoire à jour, renouvelée régulièrement par la Fédération.
Faut-il mieux choisir un apprentissage ou une formation continue en centre?
Ça dépend de votre tempérament. L’apprentissage offre une immersion totale dans la gestion d’un centre équestre, idéale pour ceux qui apprennent par l’expérience. Les formations en centre, plus structurées, permettent de se concentrer sur les aspects pédagogiques et théoriques. Les deux ont du sens.
Peut-on enseigner uniquement avec des diplômes fédéraux comme le BFE?
Non. Les Brevets Fédéraux d’Équitation (BFE) attestent d’un niveau technique, mais ne valident pas l’aptitude à enseigner. Seuls les diplômes d’État ou les titres reconnus comme le CQP EAE permettent de donner des cours rémunérés. En dehors de ces cadres, on parle de bénévolat encadré.